35,10,0,50,0
25,600,60,2,2000,3000,20,800
90,150,1,50,12,30,50,1,70,12,1,50,1,1,1,5000
0,0,0,0,2,46,15,5,2,1,0,20,0,0
automne

Par un tout premier épisode publié en 2006, nous revivions ensemble la toute 1ère édition du Rallye d’Automne, celle de 1953, et vous avez été nombreux à en apprécier l’évocation. Au lendemain de sa 52ème édition, dominée par les Subaru Impreza de Pierre ROCHÉ (1er), de Jérôme GALPIN (2ème) et de Bruno LONGEPÉ (3ème), prenez plaisir à vous replonger dans les entrailles des anciens "Automne", ceux des années 1954 à 1957...

2ème Rallye d’Automne, 13 & 14 novembre 1954

Réservé aux seuls membres de l’ASAO et à leurs invités, dans la limite de 50 équipages, cette édition reste une "concentration touristique", sur un parcours long de 550 km (en une seule étape) et ponctuée de 5 épreuves de classement (accélération, maniabilité et régularité).

Réparties en 5 catégories de cylindrée, les autos de série ne pourront présenter que 3 modifications, seules autorisées : le rapport volumétrique de cylindrée, l’équipement électrique et la dimension des pneumatiques. Dans l’article 4 du règlement il est précisé que : "afin de mettre sur un pied d’égalité les voitures de cylindrée différente, chaque concurrent se verra attribuer un coefficient proportionnel à sa catégorie et à sa cylindrée exacte". S’en suit alors un tableau de conversion (non reproduit ici).

Une moyenne de 60 km/h est imposée tout au long du parcours routier (mais de 50 km/h pour les moins de 500 cm3), parcours qui sera jalonné de contrôles fixes mais aussi de contrôles volants et secrets.

Aucune reconnaissance n’est possible, l’itinéraire étant remis aux concurrents au moment même du départ. La première auto s’élance le samedi 13 nov à 21h00, avenue de Strasbourg, face à la gare.

Parmi les points insolites et amusants du règlement 54, notons ceux-ci :
- Il est stipulé dans l’article 14 que "le nombre de passagers sera limité au nombre normal de places dans la voiture".
- par ailleurs, il est précisé que "au départ du rallye, un panier de ravitaillement offert par le Comité Général des Fêtes, sera remis aux équipages"… ce qui prouve combien le club organisateur avait déjà le souci de la convivialité et de la qualité de l’accueil sur l’Automne, outre celui d’une grande rigueur technique !...

Les inscriptions sont à adresser au Secrétaire Général de l’ASAO, Monsieur BOURRETERRE, accompagnées d’une somme de 8.000 francs par équipage (de 2 personnes), complétée d’une somme de 1.200 francs par passager supplémentaire !

Le Président de l’association est alors Pierre JONCHERY, qui est également Maire de Chatelaillon.

Les vérifications techniques et pesage ont lieu le samedi après-midi sous les halles de l’abattoir municipal de La Rochelle (bâtiment qui se situait autrefois à l’emplacement de l’actuel Hôpital St-Louis, près du canal Maubec, édifice aujourd’hui disparu).

Dans sa première boucle, le routier emmène les concurrents vers Thairé, Muron, Matha, Saintes, Cozes, Royan, Saujon, Trizay, Rochefort, avec retour à La Rochelle.

Itinéraire de la seconde boucle : Dompierre, Bouhé, Vouhé, Mauzé, Beauvoir, Melle, Parthenay, Bressuire, Champdeniers, Niort, Coulon, Arçais, Courçon, Nuaillé, Vérines, La Jarrie, Salles et retour sur Chatelaillon.

Dans le parc fermé, notons la surprenante cohabitation des 2cv Citroën, des 4cv Renault, des Simca Aronde ou des Dyna Panhard avec des Alpha Roméo, Porsche et autres Ferrari !... Avec le n˚ 40, relevons la présence de Monsieur BRENUCHOT, sur Peugeot 203, qui deviendra très bientôt (dès 1957) et pour de très longues années, le concessionnaire bien connu de la marque sur la Rochelle.

L’écurie de Loches (Indre & Loire) s’illustre à nouveau avec Lucien PAILLET qui réalise le doublé sur Citroën 11cv, devant MICHEL sur Renault BG Sport. L’équipage FREDMESCH - Mme MECHIN, troisième sur Porsche 356 complète le podium. La proclamation des résultats et la remise des prix sont organisées au cabaret "Le Miami".

Couronné d’une parfaite réussite, le rallye sera salué par tous pour la qualité de son organisation et l’exigence de ses épreuves comme de son parcours routier.

3ème Rallye d’Automne, 3 & 4 novembre 1956

A noter que suite au terrible accident survenu le 11 juin lors des 24 Heures du Mans 1955, causant la mort de 81 spectateurs et du pilote Pierre LEVEGH sur Mercedes, le sport automobile mondial est en deuil… il n’y aura donc pas de Rallye d’Automne cette année là…

Novembre 1956 ; pour sa 3ème édition, l’ASAO se voit fort justement récompensé pour son travail passé et le sérieux apporté à l’organisation des 2 premières éditions ; la FFSA a inscrit l’épreuve au calendrier 1956 du "Championnat des conducteurs de voiture de grand tourisme" qui compte par ailleurs pour le challenge Kléber-Colombes.

Cette jeune notoriété va avoir pour effet d’attirer les écuries les plus connues et avec elles leurs pilotes les plus chevronnés. Cette année là, la devise des organisateurs est de "construire un rallye sportif par des sportifs", avec notamment le souci de soigner le parcours routier, les épreuves annexes, dites de classement, ne devant servir qu’à départager les très rares ex-aequo du routier. Ainsi plus que jamais, le parcours sera exigeant, tant pour les équipages que pour les autos et le rôle du navigateur sera déterminant.

Au menu, 810 km sont répartis en 4 étapes : La Rochelle – Bressuire (166 km), Bressuire – St-Jean d’Angély (205 km), St-Jean d’Angély – Saintes (185 km) et Saintes – Chatelaillon (254 km). Seules, quatre brèves épreuves d’accélération affineront le classement final. Précisons que 39 CH (contrôles horaires) et 54 CP (contrôles de passage) jalonneront le parcours routier, sans parler bien sûr des contrôles secrets qui sont à venir…

Il convient de noter que les organisateurs ont délibérément bâti ce rallye avec le souci de donner une chance de victoire à chacun, qu’il soit au volant d’une "petite" auto ou au contraire d’une très puissante.

Ce rallye 1956 a pour Président d’honneur, Monsieur André DULIN, Secrétaire d’Etat et Président du Conseil Général de Charente-Maritime.

Une longue nuit blanche est promise aux 39 équipages présents, le premier prenant le départ le samedi soir à 20h00, toujours avenue de Strasbourg, pour une arrivée prévue devant la mairie de Chatelaillon, le lendemain à 10h01 précises. Parmi les engagés, relevons la présence de René MONORY, jeune pilote à peine trentenaire, encore bien loin de la longue carrière politique qui fera de lui un ministre puis un sénateur bien connu.

Les conditions météo se révèlent très favorables en ce début novembre (pas de pluie ni de brouillard), ce qui n’empêchera pas une casse énorme, seuls 21 équipages se présentant à l’ultime épreuve d’accélération-freinage de Chatelaillon. Les exigences du parcours routier ont eu raison de bien des autos et des concurrents, bon nombre d’entre eux finissant au fossé ou avec une carrosserie endommagée…

Cette 3ème édition est remportée par l’équipage MONNEREAU-LAMBERT, sur Simca Aronde, une "petite cylindrée", comparée à certaines de ses adversaires du jour, Alpha Roméo, Jaguar et autres Porsche. DUMAS, également sur Aronde termine second, René MONORY et sa Peugeot 203 venant compléter ce podium 1956.

Toujours bon pied bon œil, Michel MONNEREAU était au nombre des anciens vainqueurs de l’Automne, présents à nos côtés les 16 et 17 octobre 2005, lors des festivités organisées à l’occasion de la 50ème édition de l’épreuve. Il nous fit alors le grand plaisir d’offrir au SAO, la plaque auto de sa victoire 1956 ; il y portait le n˚ 43.

4ème Rallye d’Automne, 7 & 8 décembre 1957

Nous terminerons ce second épisode de l’histoire de nos Rallyes d’Automne par l’édition 1957, celle qui s’est courue il y a tout juste 50 ans, un demi siècle très exactement !...

"Epreuve nationale de Régularité", le 4ème Automne prend de l’ampleur en acceptant la participation de 120 équipages réparties en 6 Groupes de Tourisme et Grand Tourisme. Les autos sont de "série normale, améliorée ou spéciale". Toujours pour préserver l’égalité des chances lors des épreuves spéciales, un coefficient correcteur est à nouveau appliqué selon la cylindrée des moteurs.

Dans son article 6, le règlement stipule que "les autos munies d’un souffleur, d’un compresseur ou de tout système de suralimentation ne sont pas admises au départ".

Si les arceaux de sécurité n’existent encore pas, chaque voiture devra néanmoins être équipée d’une "protection efficace entre le moteur et la place du conducteur pour éviter la projection directe des flammes en cas d’incendie dans la partie de la voiture occupée par le conducteur. [...] En outre chaque concurrent devra avoir un extincteur d’incendie en état de marche […] et aura droit à deux roues de rechange qui ne devront être placées qu’à l’endroit prévu par le constructeur et non aux places des passagers". (Art 7).

Pour la toute première fois, "les équipages ne pourront être composés que de 2 personnes" (Art 11).

L’article 15 précise en outre que le "numéro du concurrent devra être peint en 35 cm de hauteur sur 7cm de trait, d’une couleur tranchant nettement sur la couleur de la carrosserie". Les numéros seront attribués dans l’ordre des engagements reçus.

Le tableau des pénalisations (Art 22) prévoit une sanction de 60 points pour la perte d’une plaque du rallye, pour l’absence d’un rétroviseur ou pour tout essuie-glaces hors d’usage… un phare défectueux étant pour sa part puni de 120 points.

Parmi les innovations, notons qu’au départ de la Rochelle, donné dans la nuit du samedi au dimanche à 0h01 précises, "les voitures seront lâchées toutes les 3 minutes, par groupes de 3 voitures" (Art 17).

Au menu de cette édition, un parcours de régularité de 512 km à travers l’Aunis et la Saintonge, avec une moyenne de 60km/h imposée à tous.

2 étapes ; La Rochelle – Chaumet-les-Violettes (329km) et retour (183km), complétées de 2 épreuves de classement n’excédant pas 600m chacune, dont la première, tracée dans une portion de "Roule-cul" (qui allait devenir au fil des années la légendaire épreuve de LA TRIGALE), se disputera de nuit.

Le port du casque ne sera obligatoire que sur ces 2 courtes épreuves. Les temps seront calculés au 1/5ème de seconde. Après addition des temps et des pénalités, tous convertis en points, le vainqueur sera le concurrent affichant le plus petit total. Au titre des détails insolites, retenons que l’heure officielle opposable à tous, sera l’heure de l’horloge parlante de Paris.

D’autre part, "aucune publicité commerciale ne sera admise, tant sur la voiture que sur la tenue des concurrents" (Art 21).

L’organisateur tout comme la FFSA elle-même si elle le décide, pourra jalonner le parcours routier de contrôles inopinés afin de s’assurer (et de sanctionner au besoin !) qu’en aucun tronçon du parcours les concurrents n’auront dépassé la moyenne-plafond de 80km/h (Article 19).

Le parc fermé final se tiendra Place de Verdun, face au siège social du club organisateur, situé au n˚4.

Le premier équipage y sera attendu le dimanche matin à 9h31. Enfin, pour être éventuellement recevable, toute réclamation émise par un concurrent devra être formulée par écrit et accompagnée d’une caution de 10.000 francs. Outre une coupe, le vainqueur recevra un prix de 50.000 francs, cumulable avec la dotation par Groupes, à savoir 80.000 francs pour le 1er (Art 24).

31 équipages se présentent au départ, avenue de Strasbourg, avec notamment et déjà au volant d’une Porsche, le regretté Robert BUCHET. Pour sa première participation il termine second, bien avant de venir s’y imposer à 2 reprises. Au tableau des récompenses, notons une coupe inter-écuries, à laquelle ne pourront concourir que les clubs ayant au moins 3 voitures à l’arrivée et classées !

Les engagements devaient parvenir à l’ASAO avant le 3 décembre 1957, chez Georges HIBLE, accompagnés d’une somme de 16.000 francs pour les indépendants, 15.000 francs pour les membres des écuries "reconnues" (par le Groupement des Ecuries de France), ou 14.000 francs si 3 ou plus concurrents d’une même écurie (Art 10).

Lors de la remise des prix qui se tient à l’Hôtel de Ville de La Rochelle, une Coupe Biennal DORE est attribuée au concurrent dont le total des places aux classements généraux aux Rallyes d’Automne est le plus réduit, deux années consécutives.

Sortant indemnes avec seulement 20 autres concurrents, d’une difficile édition courue sous un crachin continuel et sur des routes glissantes, l’équipage BAILLOU-TRIOU, de l’ASAO sur Peugeot 403, s’impose devance la Porsche de BUCHET-JAY et la Simca Aronde de MOTHE-BARTHE.

Nous vous proposerons une suite de cette revisite des anciens Automne l’an prochain, à commencer par l’édition 1958, lors de notre 53ème Rallye en 2008… tiens, cela leur fera juste ½ siècle d'écart...

D'ici là, dites-nous ce que vous pensez de ces articles et si vous disposez vous-même d'archives, de photos, de documents d'époque ou bien de témoignages, contactez-nous et venez enrichir notre connaissance commune du passé de l'Automne !

Patrick GUERIN (SAO) - 20 nov 2007

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