35,10,0,50,0
25,600,60,2,2000,3000,20,800
90,150,1,50,12,30,50,1,70,12,1,50,1,1,1,5000
0,0,0,0,2,46,15,5,2,1,0,20,0,0
bords
classic
automne

Organiser un rallye génère toujours pour une ASA des moments intenses, riches d’émotions mais aussi parfois d’incertitudes, même si celle-ci dispose d’une longue expérience en la matière. C’était particulièrement vrai en ce week-end de Pentecôte, avec la mise sur pieds par le Président Jérôme PIQUENOT et son équipe du 1er Printemps de Bords en Régularité Sportive (VHRS), le dernier bébé du Sport Automobile Océan.

Aux émotions de l'organisation s'ajoutent souvent celles de concurrents qui s'offrent quelques frayeurs... Ainsi, la Peugeot 106 de Damien MENARD & Elodie RIAND aura laissé quelques plumes... et son pare-choc dans une verte prairie  (cliché P. Guérin)

Oublié l’habituel duo d’épreuves borniquaises ; on passait cette fois-ci à un tiercé avec obstacles, mais à l’ordre parfaitement établi. « Faites vos jeux ; rien ne va plus ». En s’inspirant des bons tuyaux qui fuitaient samedi soir, du côté de Grandon Production Poteries du Littoral, où s’était à nouveau installé le parc fermé, tous les fins parieurs misaient sur la combinaison gagnante : 10, 22 et As. Et ils avaient raison !

C’est sous un « grand bô » soleil et sur un terrain aussi sec que ferme que 92 des 103 équipages engagés se présentaient tout guillerets ce dimanche matin, pour en découdre, chacun dans sa catégorie, chacun avec ses ambitions du jour. Si tout se passait bien, on toucherait en fin de journée le tiercé dans l’ordre.

Mais reprenons les choses chronologiquement. Ils étaient tout d’abord 15 présents (sur 17 engagés) sur cette 10ème édition VHC, bien décidés à réveiller dès 8h00 tapantes le cœur du village de Bords encore endormi. Le podium de départ accueillait ensuite 72 « modernes » (sur les 82 de la liste) du 22ème Printemps de Bords. Cette fête locale du sport auto s’offrait un tomber de rideau sympathique avec les tous premiers tours de roues, à vitesse maîtrisée, des 5 autos du 1er Printemps VHRS. 10,22 et as ; Bords se déclinait désormais puissance 3 ! Marc TRANQUARD devait être heureux...

A défaut d'avoir trouvé un chêne, Nico HERNANDEZ aura certainement puisé un peu de sa force dans l'énergie de cet arbre. Certains ne verront point de hasard dans le positionnement de sa Skoda Fabia dans le parc de regroupement (cliché P. Guérin)

Les 92 équipages se voyaient proposés 6 ES et 35,850 km sécurisés, sur routes fermées. Si presque tous se donnaient à fond, harnachés, « arceautés et combinaisonnés », la donne était un poil plus détendue pour les équipages VHRS qui, en tenue de ville et dans leurs autos de « monsieur tout le monde » (mais toutefois millésimées et avec transpondeur GPS embarqué à bord), usaient des ES façon zones de régularité. Leur challenge était spécifique ; respecter au mieux des moyennes (hautes, intermédiaires ou basses, mais ne dépassant jamais 70 km/h) imposées par la Direction de Course.

Road-book en mains, tous n’avaient maintenant plus à jouer avec le chrono, le plus habilement possible, chacun à sa façon... Si les pronostics paraissaient plutôt aisés en VHC et en Modernes, on ignorait tout de ceux qui se montreraient les meilleurs métronomes et calculateurs en régularité sportive.

Du côté des VHC, on s’attendait à un match serré et indécis entre un Bruno MAINGUET en parfaite osmose avec son Alpine A310 V6, et un Philippe ANCELIN ambitieux mais encore en phase de découverte de sa nouvelle BMW M3 et de son incroyable motricité... Pour les autres, il faudrait se contenter des accessits.

Chez les modernes, personne ne parvenait à donner le nom d’un pilote réellement capable de venir taquiner Nico HERNANDEZ et sa Skoda Fabia R5. Même l’heureuse présence de Bruno LONGÉPÉ (sur Renault Clio) ne parvenait pas à bousculer une hiérarchie bien établie. Respectivement porteurs des numéros 201 et 1, Nono et Nico endossaient le paletot de favoris pour doubler une victoire déjà acquise ici.

Le duel entamé tourne court en VHC

La première des 3 boucles ravissait tous ceux qui attendaient l’empoignade toute aussi amicale que sportive entre l’expérimenté Bruno MAINGUET, dit « Nono le pirate », et le fougueux Philippe ANCELIN doté de l’arme fatale, M3. 2s3 dans la une, puis 1s0 dans la deux ; tels étaient les écarts que Nono et son A310 toute jaune collaient à Philippe et à sa « deutsche blanche berline ».

Dominatrice dans la 1ère boucle, l'A310 V6 de Bruno MAINGUET & Thierry BONAVENT allait passer de la lumière à l'ombre, en devant renoncer prématurément suite à un problème moteur (cliché P. Guérin)

Dans un bel esprit de respect mutuel et d’amitié, les duellistes fraternisaient chaleureusement à l’heure de la pause café offerte aux concurrents, à l’ombre de l’église St-Vivien. Et ce n’était pas les 3s3 qui allaient jeter la discorde entre deux hommes qui se connaissent bien et s’apprécient. Moins puissante l’Alpine avait cependant tout à craindre de la suite des évènements... et surtout de la M3, dès lors que son « gentleman driver » en maitriserait mieux les atouts. Et comme notre soixantenaire rochelais apprend vite...

Malheureusement pour nous tous, il n’était pas prévu que dans ce scénario hitchockien, dame malchance allait s’inviter à la fête, comme pour mieux la gâter, sportivement parlant... Impeccable lors de la première boucle (11,950 km), le V6 de la « belle jaune » se mettait soudainement à « taper ». Alarmé et tout autant résigné, Bruno préférait stopper net, avant de tout casser à l’intérieur du 6 cylindres.

En embuscade et encore dans l'ombre de l'Alpine jaune, la M3 de Philippe & Mathieu ANCELIN allait rapidement se mettre en lumière pour s'imposer avec plus de 1'20s d'avance au scratch. L'arme fatale allait frapper... (cliché P. Guérin)

Philippe se retrouvait alors seul au monde, sans véritable adversaire direct. De leur côté, Patrice RAULT & Christophe  BEAUCHAUD tiraient le meilleur de leur BMW 323i, bien déterminés à défendre leur place de seconds (à 1’24s7). Si ANCELIN père & fils pouvaient dérouler presque « tranquilou », mais en s’assurant tout de même les temps scratchs (!), leurs poursuivants attaquaient à outrance. En quête de places d’honneur, tous étaient au four et au moulin (voici un amical clin d’œil à Mathias De Sousa, boulanger-pâtissier à Bords, qui aura offert à l’organisation les excellentes gourmandises de sa fabrication !).

Remarquable performance de Patrice RAULT & Christophe BEAUCHAUD sur BMW 323i, qui d'entrée se seront positionnés sur le podium scratch... pour y rester ! Ils termineront 2èmes à 1'24s7 (cliché P. Guérin)

La bagarre sera en effet somptueuse entre le revenant Anthony RAUD (après 7 ans d’absence) sur la 205 GTI familiale de Patrice & Nathalie, entre Tanguy RAULT (205 Rallye) et Olivier PARANTHOEN sur Super 5 GT Turbo. Tous visaient la dernière place sur la boite, même si Olivier évoluait lui en Classic ; question d’orgueil et esprit de compétition obligent... Bravo et merci Messieurs pour le spectacle !

Retour gagnant pour Antony RAUD qui, avec Laura FAYOLLE, aura avec bonheur emprunté la 205 GTI familiale. Ils s'assureront une place sur le podium en devançant Tanguy RAULT de 4 petites secondes (cliché P. Guérin) 

Au final, c’est le fiston RAUD qui décrochait sa place sur le podium VHC (à 2’10s8) devant le souriant Tanguy (2’14s8), battu sur le fil mais pas abattu pour autant. Pour sa part, Olivier devait regretter de ne point disposer d’un PTH pour sa petite Renault aux bandes jaunes et noires. Troisième du scratch général (à 2’7s0), il devait se contenter de la victoire dans la catégorie Classic. 12 équipages pointaient à l’arrivée.

Trop furtif aura été le passage des 2 magnifiques Datsun 240Z. Après celle de Marc FOULARD, contrainte à l'abandon avant même le 1er chrono, la "belle orangée" de Grégory TESSIER-PRIOUX renoncera à l'entame de la 2ème boucle (cliché P. Guérin)

Notre petit regret aura été de si peu voir les deux magnifiques Datsun 240Z qui s’alignaient ici pour la première fois. Les deux longs capots oranges auront été très tôt contraints à l’abandon. Les V6 en ligne n’ont pas tenu. Dommage pour les yeux, mais dommage surtout pour Marc FOULARD (venu du Maine & Loire) qui n’aura même pas eu le temps de disputer le moindre chrono, ainsi que pour Grégory TESSIER-PRIOUX & Mathieu PHELIPPEAU qui durent se contenter d’une seule des 3 boucles... Voilà qui leur fut bien court !

Modernes : Nico HERNANDEZ, ou la loi du plus fort...

Seule R5 au départ, la Skoda ne craignait pas vraiment grand monde, excepté ses propres faiblesses, à supposer que la petite bombe tchèque puisse en avoir... A sa fiabilité déjà démontrée, s’ajoutait la parfaite maitrise qu’en a Nico HERNANDEZ, lui qui s’était déjà imposé ici l’an dernier, tout comme sur le Rallye d’Automne 2017 avec cette même auto.

En parc de regroupement devant l'église St-Vivien, Nico HERNANDEZ ne se fera pas prier pour dominer de la tête et des épaules ce 22ème Printemps de Bords. Il allait réussir le doublé après sa victoire ici en 2017 (cliché P. Guérin)

Pour lui trouver des adversaires directs, on se devait de pointer la Subaru Impreza STI de Yoann ROUGIER (FA/8) et quelques bons pilotes en R3 ; Thierry LANDAIS, Jérémie BORDAGARAY, Romuald LEZEAU ou encore Pascal PHELIPPEAU. D’entrée, on aura écarté Bruno LONGÉPÉ qui se présentait avec une auto quelque peu en déficit de puissance pour espérer jouer les tous premiers rôles.

Performante sur l'ES1, la Clio R3 de Bruno LONGEPE connaitra ensuite des problèmes, jusqu'à abandonner au terme de l'ES5 (cliché P. Guérin)

Les premiers chronos confirmaient les pronostics, avec l’intrusion aux avant-postes d’un Laurent CORBINEAU (Clio RS) très compétitif avec sa F2000/14 et celle de Frédéric GOBIN, étonnant 3ème avec sa Saxo VTS (F2000/13), ce jusqu’à son abandon à mi-rallye. Dommage !... Si LONGÉPÉ, brillant vainqueur de la Finale rochelaise 2014 faisait illusion dans l’ES1, il allait rétrograder ensuite, jusqu’à renoncer avant l’ES6...

Yoann ROUGIER & Brice VARAILHON au départ dimanche matin. Avec leur Subaru Impreza STI, ils semblaient être les seuls à pourvoir suivre, même à distance, la cadence de Nico HERNANDEZ et de la Skoda (cliché P. Guérin)

Au terme des 35,850 km, la logique imposait sa loi, sans véritables surprises. Nico HERNANDEZ et Romain BARBOT, auteurs d’un impressionnant grand chelem (6 top chronos sur 6 !) triomphaient avec 1’04s4 d’avance sur Yoann ROUGIER et 1’32s2 sur Jérémie BORDAGARAY. Nico avait collé 2s au km à son second et beaucoup plus aux autres ! Le plus déçu de tous aura peut-être été Laurent CORBINEAU qui échouait au pied du podium scratch pour 1s7 !...

Parmi les belles surprises, on retrouvera en fin de journée Jérémie BORDAGARAY & Pierre RENAULT sur le podium scratch, 3èmes avec leur Clio R3 (cliché P. Guérin)

Au delà des stricts résultats (consultables sur notre site), il nous aura été particulièrement agréable de découvrir sur cette édition de nombreux nouveaux venus (plusieurs disputant là leur tout 1er rallye !) aux côtés de « vieux routiers sympas » cumulant 200 rallyes et plus, tels Bruno LONGÉPÉ, ou encore le vendéen Yann GUERINEAU qui avouait vivre ici son 151ème départ au volant de sa Clio RS (N3) !... Comme quoi l'intergénérationnalité sait aussi trouver sa place dans le sport automobile...

Côté SAO, nos meilleures chances reposaient sur les épaules de Floriane & Pascal PHELIPPEAU. Ils termineront 7èmes du scratch et 3èmes de la classe R3 (cliché P. Guérin)

Partis 72, ils ne furent que 57 à rallier l’arrivée. Entre temps, Nico était venu, avait vu... et, sans coup férir, avait vaincu. Sur le podium d’arrivée, les rescapés de ce Printemps 2018 saluaient l’excellente ambiance ayant régné sur et autour de l’épreuve ; ils avaient particulièrement apprécié la pause café-galette, puis les rafraîchissements offerts lors des regroupements, place de l’église. La nouvelle ES des Chevallons, parfois qualifiée de « sale » (présence de gravillons) semblait, elle aussi, avoir séduit la majorité des pilotes. Portés par l’enthousiasme, nombreux promettaient de revenir l’an prochain... Dont acte !

VHRS : Des calculs savants pour départager les 4 équipages classés...

Si pour une première le plateau VHRS put paraître quelque peu maigrichon, le SAO trouva là de belles marques d’encouragement... 5 autos au départ pour 4 à l’arrivée ; la régularité sportive avait elle aussi opéré sa sélection mécanique. Ainsi, la BMW 2002 Tii de Thierry COUDERC n’aura pas supporté les moyennes pourtant raisonnables qui lui étaient imposées. Vite essoufflée, la 1ère boucle lui aura paru suffisante.

L'Alfa Romeo Giulia 1600 Biscione de Jean-Pierre DESPREZ & Michel GUY  (moyenne basse) se sera montrée la plus régulière sur cette 1ère édition VHRS en ne concédant que 49s de pénalités (cliché P. Guérin)

Le match, car il y eut match, opposa Jean-Pierre DESPREZ & Michel GUY (Alfa Romeo Giulia 1600 Biscione) au duo niortais Jean-Marie SERVANT-Thibaut BATS (R12 Gordini). Pour cette dernière, nantie de plusieurs Monte Carle Historiques, un problème de validité de son dossier d’homologation ne lui permit pas de courir dans la même catégorie que ses adversaires. Au final, le duo de « mathématiciens autos » DESPREZ-GUY s’imposait avec 49s de pénalités, devant Joël & Ghislaine OUDART (Autobianchi A112 Abarth), 1’17s, et Patrick & Sandra DURAND (Ford Escort XR3i), 3èmes, 1’47s.

La réussite de nos Printemps automobiles est aussi le fruit de l'engagement fidèle et bénévole du Comité des Fêtes de Bords, incarné icic par son président, Jean-Paul, qui ne ménagea pas ses tours de roues... (cliché P. Guérin)

Oui, en ce dimanche de Pantecôte 2018, la fête printanière du sport auto s’était faite belle, chaleureuse et enthousiasmante, dans sa nouvelle déclinaison puissance 3. Le Comité des Fêtes de Bords n’aura pas été étranger à cette belle réussite collective. Jean-Paul (à vélo) et son équipe se sont totalement investis dans des tâches toutes aussi obscures et précieuses que bénévoles. Oui, on en redemande... A l’année prochaine !

                                                                                                             Patrick GUERIN – SAO – mercredi 23 mai 2018

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